HYPNOSE : UN ACCÈS PRIVILÉGIÉ VERS L’INCONSCIENT ?

/
6 mins read

Véritable porte ouverte sur ce qui échappe à notre conscience, l’hypnose est employée comme aide thérapeutique par la médecine traditionnelle depuis plusieurs siècles. Zoom sur une méthode qui se plonge dans les méandres du cerveau.

 

En 2018, un octogénaire se fait opérer du cœur au CHU de Lille sans anesthésie générale grâce à l’hypnose. Bien loin de l’imaginaire de spectacle et du grand Mesmer, la transe hypnotique est une discipline passionnante dont les premières traces remontent à plus de 9 000 ans. Les cultures sumériennes, perses ou égyptiennes utilisaient déjà des états de transes hypnotiques pour guérir les maux de l’esprit et du corps. Pratiquée par des médecins et des personnalités comme Milton Erickson, Sigmund Freud ou le professeur Charcot, la méthode fut relayée au second plan à la fin du XIXe siècle au profit, notamment, de la chimie moderne. Les avancées scientifiques et l’arrivée des neurosciences dans les années 1960 l’ont remise au goût du jour en lui faisant perdre son image scandaleuse et mystique. On la pratique aujourd’hui pour se débarrasser d’une phobie, arrêter de fumer, gérer l’anxiété et la douleur, enrayer des maladies d’origine psychosomatique ou assister des actes médicaux. 

Un état élargi de conscience 

La transe hypnotique nous plonge dans un état entre le sommeil et l’éveil, ouvrant un  accès direct aux coulisses de l’être : l’inconscient. « Lors d’une transe hypnotique, l’état de conscience quotidien se met en veille pour stimuler notre part inconsciente, où toutes les ressources sont stockées. Ce phénomène neurologique et son accès privilégié aux émotions permet de transformer tout ce qui doit l’être et vivre une situation dans le confort plutôt que l’envahissement émotionnel» explique Bénédicte Naudeau, hypnothérapeute et psychosomatothérapeute basée à Paris. De concert, différentes parties du cerveau, dont le cerveau limbique dit émotionnel et le cerveau reptilien, celui de la survie, assurent l’équilibre physique (la tension artérielle par exemple) et psychique (nos comportements). « On peut visualiser l’inconscient comme une grande bibliothèque interne qui enregistre tout. » ajoute Bénédicte Naudeau. Chaque information est analysée et des actions sont réalisées en conséquence. Un mécanisme de protection qui, parfois, ancre de fausses croyances au centre de notre psychisme. Mordu une fois par un chien, l’inconscient l’a défini comme dangereux et nous paralyse à chaque labrador qui passe. Nous avons intégré les chiens comme tels et agissons en conséquence. En transe, le cerveau perd ses fausses croyances, l’hypnose influence directement les schémas psychologiques en traitant la cause profonde par une suggestion que le cerveau perçoit comme réel. 

 

« Ce phénomène neurologique permet de transformer tout ce QUI DOIT L’ÊTRE et vivre une situation dans le confort plutôt que l’envahissement émotionnel. »

 

Le langage de l’inconscient

 

Pour communiquer avec l’inconscient, l’hypnothérapeute passe par des suggestions verbales qui mettent en jeu la symbolique, l’emploi des archétypes et l’expérience unique du sujet pour entraîner les changements voulus. « La neuro-imagerie le montre, en état d’hypnose les zones du cerveau qui captent les situations réelles s’éclairent et celles du corps s’inhibent. Sous hypnose, c’est comme si nous étions réellement dans la situation suggérée. D’où son efficacité. » explicite l’hypnotherapeute spécialisée dans l’enfance. En associant une image positive à une situation vécue comme stressante par l’inconscient, le calme devient la réponse enregistrée et donc favorisée en cas de stress. L’hypnose est une forme de méditation durant laquelle le corps est relâché et l’esprit est en pleine maîtrise de ses capacités pour retourner vers ce qui est juste et bon pour lui. Contrairement à ce que l’on peut penser, cet état est atteignable par tout un chacun. L’autohypnose ou hypnose en solitaire le prouve. Des méthodes très simples sont disponibles dans des livres ou sur internet et offrent la possibilité, depuis son canapé et avec un peu d’entraînement, de se reconditionner. Une bonne manière de devenir maître de soi et d’explorer la magie de l’esprit.

 

Par Carla Bernini

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Previous Story

ÉCOLIEUX : PEUT-ON VRAIMENT VIVRE EN AUTARCIE  ?

Next Story

SAVEURS DU MONDE, RESTOS D’ICI…

Latest from Blog

0 0,00